Des fleurs, des t-shirts et des orages

À en croire le calendrier (une source d’information réputée fiable, croyez-nous), nous sommes en plein printemps. Le printemps est généralement connu pour son influence notable sur notre environnement, correspondant au bourgeonnement des arbres, à l’éclosion des fleurs, à l’apparition des feuilles ou encore à des températures de niveaux exceptionnellement élevés, dépassant parfois même les vertigineux 14°C. Mais cette saison, mystérieusement calée entre l’hiver et l’été, est aussi remarquée par un profond changement de nos comportements sociaux : plissement des yeux face à la réapparition du soleil, dévêtissement progressif, jugement physique en place publique, repas précaires sur pelouses saturées, planification des migrations estivales … La liste est longue et nous ne somme pas là pour la faire (toutefois toute contribution est la bienvenue).

Le tableau du printemps est souvent idyllique. Hélas, nous tenons à démolir ces médiocres illusions que vous vous êtes construites pour vous réjouir de la sortie de l’hiver. Pour surmonter notre grande et morose solitude hivernale, de grands protagonistes du printemps ont été omis : les orages.

Pas de fumée sans feu

Le réchauffement printanier est désigné comme un argument majeur pour défendre l’idée qu’ « au printemps, il fait beau et doux, c’est une saison géniale« . C’est à juste titre, nous vous l’accordons, mais c’est aussi le réchauffement printanier qui est responsable de ce qui gâche vos belles journées fleuries. Le printemps marque en effet le retour des orages (même si quelques malins réussissent aussi à s’infiltrer pendant l’hiver), et c’est à cause de ce malheureux soleil qui brûle chaque jour un peu plus nos sensibles épidermes, en brûlant aussi chaque jour un peu plus la surface de la Terre. Telles les cloques qui surgissent en fin de journée sur vos membres rouge-écrevisse, les orages bourgeonnent à la surface de la planète surchauffée.

Pour parler plus physiquement, l’air chauffé en surface, alors moins dense que l’air ambiant, peut commencer à s’élever en altitude. Ce petit bout d’air surchauffé pourra continuer son ascension sur une dizaine de kilomètres s’il est suffisamment chargé en humidité : l’eau, en se condensant sous forme de gouttelettes, dégage de la chaleur et maintient alors la parcelle d’air à une température relativement douce tout au long de son voyage. L’eau ainsi condensée sur toute une colonne d’air forme un imposant nuage vertical.

Les orages, c’est pas top

Ainsi donc des cheminées d’eau poussent au-dessus de nous et font badaboum de temps à autre : à la bonne heure. Et alors ? Pourquoi s’en préoccuper ? À première vue, si un orage n’est ni plus ni moins qu’un très gros nuage, on se demande pourquoi on en parle tant. On vous suggère des raisons de s’y intéresser en 3 temps :

Les orages sont dangereux : Concentrant beaucoup d’eau en un endroit précis, ils peuvent provoquer des pluies diluviennes et créer des inondations locales. Théâtres de mouvements d’air incessants, ils sont souvent accompagnés de fortes rafales de vent. Toute cette agitation génère de la foudre, qui peut brûler et votre ordinateur, et votre petit coeur. Sous certaines conditions des couches de l’atmosphère, il peut produire des grêlons plus ou moins gros risquant de vous picoter les doigts, détruire des récoltes ou vous plonger dans un coma profond. Enfin, de temps à autre, il peut produire des tornades, et ça, ça n’est jamais conseillé d’en croiser la route.

Les orages sont peu prévisibles : Phénomènes locaux et rapides, ils exigent une grande précision de prévision, ce qui relève encore un peu du casse-tête en météo. Plutôt que de cibler chaque orage, on préfère alors parler de zones de risque orageux. Voilà pourquoi on parle la plupart du temps de « risque d’orages » : sur une zone, même si de nombreux orages sont prévus, ils peuvent épargner quelques villes s’ils restent isolés. Cette situation est généralement suivie d’un « ils ont encore dit n’importe-quoi à la météo » : c’est vrai à l’échelle locale, mais les gens qui ont du fermer leurs fenêtres en catastrophes à 20km de chez vous ne diraient pas la même chose.

Les orages ruinent vos soirées barbecue : à moins que la foudre ne tombe sur vos brochettes, les trombes d’eau rendent la plupart du temps la cuisson en plein air très difficile. Et ça, c’est vraiment pas cool.

Parfois, les orages sont vraiment vicieux : ils ont l'air de rien comme ça, il fait presque beau ... Mais un foudroyé surprise ça gâche toujours un pique-nique.

Parfois, les orages sont vraiment vicieux : ils ont l’air de rien comme ça, il fait presque beau … Mais un foudroyé surprise ça gâche toujours un peu le pique-nique.

Alors on fait quoi ?

Le comportement standard face aux orages est assez instinctif. Il suffit de rester informé de la situation météorologique pour savoir quel est le risque d’orages, puis faire preuve d’un peu de bon sens : lorsqu’un imposant nuage noir approche rapidement de vous avec un tonnerre de plus en plus fort, il es temps de vous mettre à l’abri. Ne jouez pas à la tour Eiffel au milieu d’un champ et ne courrez pas – c’est très bête d’échapper à un foudroiement direct pour au final se faire traverser les jambes par le courant électrique qui se propage dans le sol. Votre voiture n’est pas un navire et supporte mal les crues-éclaires, alors évitez de rester dans un trou de verdure où coule une rivière. Vous n’avez pas le pouvoir héroïque d’esquiver tous les grêlons, préférez un bon vieil abri bien solide. Souffler contre le vent ne sert à rien à part vous postillonner sur le visage. En cas de tornade, préférez une pièce centrale avec une protection solidement fixée plutôt que les vitres et fourchettes qui ne sont pas très douces lorsqu’elles volent vers vous.

Cela étant dit, sachez aussi qu’on est une petite poignée d’illuminés à préférer filmer les orages, les prendre en photos, les traquer, etc. Si ça vous botte, n’hésitez pas à nous rejoindre, on est un peu fou mais on s’amuse bien :p.

(On vous aura prévenu.)

Le printemps, ce n’est donc pas que la merveilleuse renaissance de la nature, le cycle de la vie et autres formules naïvement poétiques. Mais ne prenez pas cet ajustement comme une attaque envers le printemps : dites-vous juste que ça lui rajoute un peu de piquant !

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