CUMULUS n°1 – Canicule climatique

CUMULUS, c’est notre toute nouvelle revue sur la météo, le climat et l’environnement. Un mercredi sur deux, on réunit l’essentiel de l’actualité scientifique, pour ne pas perdre une goutte des dernières infos de la recherche et des organisations qui s’occupent de notre atmosphère.
Pour en savoir plus : Infos Météo lance CUMULUS, revue sur la météo, le climat et l’environnement

Il a fait chaud, très chaud même, et si longtemps qu’on en venait presque à s’y faire. Il n’empêche, la canicule européenne de juin était bien exceptionnelle ; du moins dans le climat du siècle passé. À l’avenir en revanche, ces températures pourraient devenir monnaie courante, réchauffement climatique à l’appui. Les alertes des scientifiques se banalisent, mais ils s’affairent toujours à mesurer et évaluer les conséquences du nouveau climat que l’on génère. Migrations des espèces, fonte des glaces, évolution des activités industrielles, sécheresses, hausse du niveau de la mer, les pinceaux se croisent face à l’ampleur de la tâche, avec quelques couacs à la clé qui doivent aussi être repérés dans le tableau. Les données se croisent, s’accumulent et trouvent plus de force, mais il ne s’agit plus seulement d’évaluer : le changement climatique est déjà là, et les réponses ne peuvent plus attendre.

 

#JEUX DE CIRCUITS

La toundra rejette dans l’océan Arctique le mercure piégé par la végétation

L’océan Arctique est l’une des zones les plus contaminées au monde par le mercure, pourtant loin des activités industrielles qui en rejettent. Alors que l’hypothèse d’un transport par l’atmosphère était avancée, une équipe de chercheurs du CNRS a montré que la flore de la toundra absorbe le mercure atmosphérique, surtout en été, pour constituer jusqu’à la moitié des stocks présents dans les sols. Lors du dégel au printemps, ils alimentent alors massivement les fleuves de la région, qui se déversent dans l’océan Arctique. Les quantités de mercure relâchées devraient augmenter avec la fonte accrue du pergélisol causée par le réchauffement climatique. > Lire l’article du CNRS

Nouvelles connaissances sur les interactions nuages-aérosols

Le rôle des aérosols dans le changement climatique reste encore aujourd’hui une grande incertitude. Ce sont eux qui permettent la formation des gouttelettes d’eau des nuages, et qui réfléchissent alors une partie du rayonnement solaire, limitant le réchauffement de l’atmosphère. Des chercheurs de l’Institut Météorologique Finlandais ont trouvé de nouveaux aérosols plus efficaces que d’autres lors de prélèvements dans l’Atlantique Nord. Ces composants organiques et sulfatés réduisent significativement la tension de surface, facilitant alors la formation des gouttelettes nuageuses. Reste à évaluer l’étendue de ce phénomène, et ses conséquences éventuelles sur les modélisations climatiques. > Lire l’article du FMI

À lire aussi : Le rôle des aérosols dans la migration vers le sud des précipitations des zones tropicales humides

 

#BRICOLEURS DE L’ESPACE

Le programme Copernicus délivre son plus puissant jeu de données climatiques

Le Service de Changement Climatique du programme Copernicus (C3S) vient de mettre à disposition un nouveau jeu de données de sa réanalyse climatique ERA5. Lancée en novembre 2016, cette réanalyse constitue une nouvelle encyclopédie numérique de l’évolution de paramètres atmosphériques (température, pression, vent) et de surface (précipitations, glace marine, humidité des sols, température de surface des océans, hauteur des vagues). Les données aujourd’hui disponibles (900 To) remontent jusqu’à 2010 ; elles iront jusqu’à 1979 dans 6 mois, puis 1950 d’ici la fin 2018. Toutes ces données sont en accès libre. > Lire l’article d’ECMWF

À lire aussi : Le satellite Sentinel-3A mesure la variation de chlorophylle végétale avec les saisons

L’accélération de la hausse du niveau des mers cachée par une erreur de mesures depuis 1992

Alors que la Terre se réchauffe et que les glaciers fondent régulièrement, la hausse du niveau de la mer mesurée par satellite semblait stable depuis plusieurs années. En 2015, plusieurs scientifiques se sont posés des questions sur les mesures effectuées par le satellite TOPEX/Poseidon lancé en 1992 par la NASA et le CNES, différentes des mesures en surface. Il y a 4 mois, une équipe de chercheurs du Laboratoire d’Études en Géophysique et Océanographie Spatiales (à Toulouse) a conclu que les altitudes des 6 premières années de mesures étaient sur-estimées, masquant alors le taux d’augmentation du niveau de la mer. L’erreur était due au système de calibrage inclus dans la construction de l’altimètre du satellite. > Lire l’article de Nature

 

#CHAUFFAGE COLLECTIF

La canicule de juin 2017 due au réchauffement climatique

L’Europe occidentale a connu des températures exceptionnellement élevées au cours du mois de juin 2017, environ 3°C au-dessus des normales. La moyenne mensuelle en France est la seconde plus élevée jamais enregistrée, après 2003. C’est aussi le mois de juin le plus chaud jamais observé aux Pays-Bas, et le second le plus chaud en Suisse depuis 1864. Une étude statistique évalue des temps de retours assez courts (10 à 35 ans), nettement plus bas que ceux estimés pour 1901. Les probabilités de telles vagues de chaleurs ont été estimées à partir de 5 modèles climatiques différents, avec et sans changement climatique anthropique. Les tendances actuelles rejoignent les résultats des modèles qui prennent en compte le changement climatique. D’ici la fin du siècle, ce mois de juin exceptionnel pourrait devenir la norme. > Lire l’article du World Weather Attribution

À lire aussi : Juin 2017, second mois le plus chaud sur la planète depuis le début des enregistrements

Des pics de chaleur supérieurs à 50°C en France à la fin du siècle

Des chercheurs de l’Unité Climat, environnement, couplages et incertitudes (CECI) et du Centre national de recherches météorologiques (CNRM) ont recensés les records de températures en France entre 1950 et 2005 pour prévoir le climat en 2100, sur la base du pire scénario du GIEC (un réchauffement moyen de 3,7°C) avec le modèle Aladin. Ainsi, les records de chaleur seraient dépassés d’environ 7°C sur le littoral, et jusqu’à 13°C dans les terres, avec des températures parfois supérieures à 55°C. Mis à part les températures maximales, les vagues de chaleur pourraient être beaucoup plus longues et intenses, notamment dans le sud-est, couplées à des sécheresses aggravées. > Lire l’article du Monde

À lire aussi : Douceurs nocturnes record dans le bassin parisien le 19 juillet 2017

 

#GRANDS POUVOIRS, GRANDES RESPONSABILITÉS

Du Groenland au Sahel, les conséquences mondiales d’une fonte de la calotte glaciaire

La fonte de la calotte glaciaire modifie sensiblement la composition des océans, régulateurs essentiels des climats de la Terre. Une équipe pluridisciplinaire a élaboré un scénario de fonte massive des glaces du Groenland couplé au pire – mais bien probable – scénario du GIEC. L’introduction massive d’eau douce dans l’océan atténuerait fortement la mousson ouest africaine. Cette aridité durable provoquerait la disparition de la culture vivrière de sorgho et de millet au Sahel. Sans mesure d’adaptation, la fonte de la calotte glaciaire groenlandaise entraînerait alors un exode massif de plusieurs dizaines de millions de personnes. > Lire l’article de l’INSU

Impacts du changement climatique sur les vertébrés terrestres des îles du Pacifique

L’océan Pacifique est composé de nombreuses petites îles qui accueillent des espèces endémiques importantes pour la préservation de la biodiversité : plus de 20 % de la biodiversité mondiale se trouve sur 180 000 îles. Ces espèces ont souvent perdu leurs capacités de dispersion, et ne sont présentes que sur quelques îles : leur disparition signifierait leur extinction totale. Or, la hausse du niveau de la mer menace certaines îles en fonction de leur géographie. Lalit Kumar et Mahyat Shafapour Tehrany, de l’université de Nouvelle-Angleterre en Australie, ont repéré les 150 espèces les plus vulnérables au changement climatique dans l’océan Pacifique en fonction de la sensibilité de 1800 îles pour aider à prioriser les actions de préservation de la biodiversité. > Lire l’article de Nature

 

#CŒUR CŒUR CLIMAT

La biodiversité pour lutter contre le changement climatique

Les sécheresses, incendies et invasions d’insectes liées au réchauffement climatique mettent à l’épreuve la gestion des forêts. L’Institut national de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture (IRSTEA) travaille sur le développement de solutions fondées sur la nature. Les diminutions de densité réduisent la compétition en eau et favorisent certaines espèces, et le mélange d’essences bien sélectionnées améliore la résilience des forêts, favorisant la repousse après des incendies ou limitant les pertes de croissance lors des attaques d’insectes. L’institut expérimente aussi la régénération de peuplements vieillissants et la migration assistée d’espèces. > Lire l’article de l’IRSTEA

Le Ministre de la Transition écologique et solidaire présente le Plan Climat

Nicolas Hulot a présenté le Plan Climat élaboré par son ministère : après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, le Plan Climat vise notamment à rendre cet accord irréversible. La France s’engage ainsi à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, éradiquer les bâtiments mal isolés d’ici 10 ans, faire converger les prix du diesel et de l’essence d’ici 2022, arrêter les ventes de voitures à essence en 2040, et à mettre fin à la déforestation en 2030. Plusieurs mesures sont aussi annoncées : une prime pour un changement vers des véhicules plus propres, un budget participatif pour l’ADEME, une aide aux PME pour l’économie circulaire, le développement de la finance verte, la transformation de nos systèmes agricoles, un nouveau plan national d’adaptation au changement climatique, et le soutien à la reconstitution des deux fonds financiers prévus par l’Accord de Paris, à hauteur de 100 milliards d’euros. > Lire l’article du Ministère de la Transition écologique et solidaire

À lire aussi : Le programme Make our planet great again attire des centaines de scientifiques du climat en France, un succès relatif

– En bref –

ORGANISATIONS

TECHNIQUE

PLANÈTE

 

Illustrations :

  1. Le Groenland en train de perdre sa glace – CNRS, © LSCE, Alain Mazaud
  2. Tour à flux mesurant les échanges de mercure dans la toundra à Toolik Field Station en Alaska – CNRS, © Martin Jiskra
  3. Moyenne quotidienne de la température de l’air en surface en Europe en juillet 2010, extraite d’ERA5 – ECMWF
  4. Estimations de la probabilité de températures de juin élevées dans chaque région européenne pour 4 scénarios pour des températures moyennes et maximales. Les meilleures estimations sont affichées avec un intervalle de confiance de 90% entre parenthèses. – WWA, Climate Central
  5. Vagues de chaleur observées en France entre 1947 et 2016 (gris) et projetées entre 2017 et 2100 (doré), dans un scénario de poursuite des émissions de gaz à effet de serre au rythme actuel – Météo France
  6. Îles qui accueillent au moins une espèce de vertébrés terrestres vulnérable, en danger ou en danger critique, avec les classement de sensibilité des îles – Nature
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s