Bilan de la vague de chaleur du 18 au 22 juin 2017

On peut la qualifier d’ « exceptionnelle », de « rare » et d’encore bien d’autres termes. Ce n’est bien sûr pas la première vague de chaleur à arriver aussi tôt dans l’été, ni la plus longue. En revanche, son intensité a marqué l’histoire en battant d’innombrables records de chaleur pour un mois de juin. Approchant les 39°C en journée, les températures ont également été largement supérieures à 20°C la nuit, d’où l’utilisation du terme « canicule« . 

Retour sur son « parcours »

Cette vague de chaleur n’a pas épargné une seule région française, presque l’ensemble du territoire a connu des températures supérieures à 30°C (non vous n’étiez pas seul à souffrir !). Le pays a été le plus affecté entre le 18 et le 22 juin, cependant de manière moins généralisée les fortes chaleurs ont réellement duré du 17 au 25 juin.

Le 17 juin, les températures grimpent dans le sud-ouest et atteignent 33°C. Le long de la Méditerranée, l’envolée des températures est encore plus frappante avec jusqu’à 37°C relevés dans l’Hérault ! Dès le lendemain, les fortes températures gagnent tout l’ouest de la France jusqu’au sud de la Bretagne. Les 35°C sont atteints en Charente-Maritime ainsi qu’en Gironde. Le 19 juin, la vague de chaleur prend une ampleur quasi nationale. On relève par exemple 32°C à Lille, 33°C en Normandie ou encore 34°C en région parisienne. Le sud-ouest enregistre de nouveaux records avec 38 à 39°C.

Les jours suivant la température continue de grimper de plus en plus en allant vers l’est. Finalement le retour des températures de saison se fait par le nord-ouest à partir du 21 et 22 juin. Les températures resteront supérieures à 30°C, voire 35°C localement dans le sud pendant plusieurs jours.

temp-canicule-juin2017

Températures maximales relevées du 17 au 25 juin 2017 – Météociel

Sur la plupart des stations du réseau Météo France, on relève des températures supérieures de 12 à 15°C par rapport aux normales. De nombreuses villes ont d’ailleurs battu leur record mensuel, dont voici quelques valeurs :

  • Rouen : 36,0 °C  (+1,8°C que le précédent record => 34,2°C le 27 juin 2011)
  • Nancy-Ochey : 36,5 °C  (+1,3°C que le précédent record => 35,2°C le 18 juin 2002)
  • Caen : 34,9 °C  (+0,8°C que le précédent record => 34,1°C le 26 juin 2001)
  • Dijon : 36,4 °C  (+0,6°C que le précédent record => 35,8°C le 18 juin 2002)
  • Le Touquet : 34,6 °C  (+0,6°C que le précédent record => 34,0°C le 26 juin 1976)

Dans le Gard, les 40°C ont même été atteint à Montclus ! Avignon et Toulouse(38,3°C), Nîmes (38,0°C) ou encore Biarritz (37,8°C) complètent le classement.

On parle bien ici de canicule, ce qui se traduit également par des températures minimales élevées. Là aussi de nombreux records mensuels ont été pulvérisés. Alors que la France a connu plusieurs nuits avec pas moins de 20°C, certaines villes ont enregistré des minimales proches des 24-25°C !

  • Orange : 25,1 °C (ancien record : 23,9°C)
  • Montélimar : 24,6 °C (ancien record : 23,0°C)
  • Le Havre – Cap de la Hève : 24,1 °C (ancien record : 22,2°C)
  • Strasbourg : 23,8°C (ancien record : 21,8°C)
  • Paris Montsouris : 23,7°C (ancien record : 23,4°C) alors que les valeurs sont relevées depuis 1872 !

Tous ces records battus ont donné la journée de juin la plus chaude de l’histoire à l’échelle nationale, comme l’a annoncé Météo France sur son site :

Avec une température moyenne sur la France de 26.4 °C, le 21 juin est la journée la plus chaude jamais enregistrée pour un mois de juin (précédent record : 26.1 °C le 28/06/2005). Tous mois confondus, ce pic de chaleur se classe toutefois loin derrière celui du 5 août 2003 où la température moyenne sur la France avait atteint 29.4 °C.

D’où vient cette vague de chaleur si précoce ?

 

Elle est en effet arrivée tôt, environ deux semaines et demie après le début de l’été météorologique (1er juin). Cependant, il n’y a pas de phénomène météorologique extraordinaire ou inédit en cause. Au contraire, c’est plutôt un cas d’école. Deux systèmes dépressionnaires sont responsables, l’un situé à l’ouest en plein milieu de l’océan Atlantique, l’autre sur l’Europe de l’est. La France s’est alors retrouvée au beau milieu de ces deux systèmes dépressionnaires, laissant remonter l’air chaud en provenance de la péninsule Ibérique ainsi que de l’Afrique du Nord. De plus, la présence de hautes pressions sur tout l’ouest de l’Europe a permis d’obtenir un ciel bien dégagé durant plusieurs jours. C’est ce que l’on appelle une structure dite en « oméga », apportant un temps invariant pendant une certaine période. Vous reconnaîtrez la forme de la lettre grecque ci-dessous :

gfs-2017061900-0-6

Généralement, ce type de structure engendre un temps invariant durant plusieurs jours voire semaines. Cette fois-ci, la structure en oméga n’a pas duré très longtemps. L’animation ci-dessous permet de voir son évolution entre le 17 et 25 juin 2017.

gfs-canicule-juin2017

Au niveau des températures, on peut également suivre leur remontée vers le nord, bien visible en altitude (à 850 hPa) le 21 et 22 juin sur la France.

 

L’été 2017 démarre de la meilleure des manières (peut-être un peu fort ?). Maintenant attendons de voir si la chaleur restera tout l’été. En tout cas, si jamais le froid / la pluie prenait le dessus pour le restant de l’été, rappelez-vous de cette carte de vigilance. Tout est possible !

vigilance-completes-170622-1257-01

 

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