Les tempêtes européennes sont devenues plus puissantes depuis 1990

L’intensité des fortes tempêtes hivernales en Europe a plus que triplé à partir de 1990, d’après l’étude menée par l’Institut Météorologique Finlandais (FMI) publiée ce 12 avril dans Nature. En se fondant sur les dégâts causés aux forêts, l’équipe de chercheurs estime qu’une augmentation aussi forte ne peut s’expliquer que par un changement climatologique des tempêtes européennes.

Dégâts dans une forêt du Morbihan au passage de la tempête Zeus en 2017 (wikimedia).

Série temporelle des rapports Dommages primaires/ stock total en croissance (Primary Damages/Total Growing Stocks, PD/TGS) pour les 56 tempêtes considérées dans cette étude. Les couleurs indiquent les saisons (Décembre-Janvier-Février / Septembre-Octobre-Novembre / Juin-Juillet-Aout & Mars-Avril-Mai).

L’augmentation des dégâts était jusqu’à présent attribuée à la gestion humaine des forêts et leur croissance régulière. Cette étude apporte pourtant une conclusion contraire : en rapportant les dégâts primaires à la croissance totale du stock forestier, un point de changement significatif apparaît lors de l’année 1990. Les dégâts de forêts dus aux vents seraient donc majoritairement et directement imputables aux tempêtes hivernales, plus puissantes et plus étendues : 6 des 7 tempêtes classées « catastrophiques » sur la période étudiée, de 1951 à 2010, se sont produites depuis 1990.

Ces tempêtes, plus étendues et avec des rafales maximales plus élevées, ont affecté les forêts avec des dégâts caractéristiques qui marquent ainsi ces phénomènes météorologiques particuliers.

L’étude de l’intensité des tempêtes à partir des dégâts primaires permet notamment d’évaluer l’évolution climatique de ces phénomènes indépendamment des outils et modèles météorologiques, et donc de valider ou non les hypothèses fondées sur ces outils en échappant à leurs incertitudes intrinsèques. L’équipe de recherche a aussi pris soin d’intégrer l’Oscillation Nord-Atlantique (NAO), et n’a pas réussi à établir un lien de corrélation satisfaisant. La seule variabilité climatique ne pourrait donc pas suffire à justifier cette augmentation des dégâts. Pour cette raison, l’équipe de chercheurs suggère que cette intensification des tempêtes hivernales est imputable à un changement climatique qui a commencé en 1990, probablement lié aux forts changements du climat arctique.

Sources : Finnish Meteorological Institute – « Intensity of catastrophic storms in Europe has increased since 1990« 
H. Gregow, A. Laaksonen & M.E. Alper – « Increasing large scale windstorm damage in Western, Central and Northern European forests, 1951-2010« , Nature, Scientific Reports 7, 12/04/17

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