Prévisions météo du 31 octobre au 6 novembre : des brumes aux pluies d’automne

Ces derniers jours la météo était aussi calme que les plaques de brouillard qui ont recouvert la moitié nord de la France chaque matin (voire davantage). Pour cette première semaine de novembre, la météo continuera sans faire de vagues, jusqu’à mercredi où on va recommencer à parler de pluie ; et de froid.

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Prévisions M-F pour lundi 31

Le début de la semaine va franchement vous plaire : lundi les brouillards matinaux auront tendance à moins résister et laisser place à un grand soleil l’aprèm. Le seul point noir – ou plutôt gris – se situerait entre le Rhône-Alpes, la Bourgogne et la Franche-Comté où Météo-France prévoit un ciel encore saturé à la mi-journée d’une belle plaque de nuages. Pas de panique, elle devrait quand même céder dans l’après-midi. Avec 17 à 20°C dans la moitié nord et jusqu’à 23°C en Midi-Pyrénées, ce sera la plus chaude journée de la semaine !

Mardi, presque rien à redire : les températures baisseront très (très) légèrement et les brouillards se lèveront tous en matinée. Mais dans l’aprèm, des nuages vont arriver par le nord et recouvrir progressivement le Nord-Pas-de-Calais puis s’étendre de la Bretagne à la Lorraine en soirée.

 

Ainsi mercredi les températures se feront de nouveau assez fraîches avec un ciel beaucoup plus chargé de la Bretagne au Rhône-Alpes et à la Belgique. Y aura-t-il de la pluie sous ces nuages ? Si c’était encore ce que pensait Météo-France hier, elle se contente ce soir d’annoncer des nuages, avec toutefois quelques averses mercredi après-midi sur le nord Lorraine, Champagne-Ardennes et Nord-Pas-de-Calais.

Jeudi, si les nuages devraient rester assez dispersés, c’est le froid qui va se faire sentir un peu plus vivement. Des gelées nocturnes seront possibles dans le nord-est, et les minimales ne dépasseront 5°C qu’au sud du Massif Central. Quant aux maximales, elles ne dépasseront pas 11°C sur une bonne moitié nord, et on atteindra 19°C tout au plus dans le sud.

Vendredi, la pluie va revenir par le nord-ouest en matinée pour s’étendre de la Bretagne et des Pays-de-la-Loire à Belgique en journée, avec un bon gros lot de nuages à l’avant de cette perturbation, de l’Aquitaine à l’Alsace. À propos de cette perturbation, les prévisions de Météo-France sont devenues plus pessimistes, faisant entrer ce mauvais temps plus largement sur les terres qu’elle ne le prévoyait hier. Pas joli joli mais au moins, il fera moins froid là-dessous.

Prévi MF pour samedi 5

Prévisions M-F pour samedi 5

Enfin le weekend s’annonce très mitigé : pour l’instant Météo-France se contente d’annoncer des averses sur toute la France, avec des températures max de 9 à 12°c au nord, 18°C sur les côtes méditerranéennes et jusqu’à 21°C en Corse. Bref ça reste à préciser : quand Météo-France barbouille uniformément la France de petits logos « averses », c’est souvent sa façon de dire « tout peut encore arriver » …

Derniers répits dans la fraîcheur du nord

Jusqu’à présent on baigne encore dans une délicieuse situation automnale, où les hautes pressions se prélassent au-dessus de l’Europe occidentale, garantissant l’absence de toute pluie mais aussi l’exercice diabolique d’essayer de prévoir la dissipation ou non des brouillards et nuages bas. Bonne nouvelle, le risque de nuages bas persistant s’amenuise car mauvaise nouvelle, la situation va bouger !

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Analyse atmosphérique de la pression au sol (lignes) et du géopotentiel à 500 hPa : La tâche rouge entre l’Espagne et la France marque le coeur d’un puissant anticyclone qui affecte toute l’Europe occidentale.

En même temps, la pression baisse rapidement au large du Portugal : ce petit bout de thalweg va s’isoler en une dépression qui va se figer encore plus au sud, renforçant un flux de sud-ouest sur la France. C’est la raison pour laquelle lundi et mardi devraient rester très doux, l’air piégé dans notre anticyclone provenant du Maroc et d’Espagne. Jusque-là tous les modèles sont d’accord et il y a très peu de risques que Météo-France se trompe.

C’est à partir de mercredi que la prévision devient un peu plus épicée ! L’anticyclone part en fumée et laisse champ libre aux dépressions polaires. Une première va venir se positionner mercredi sur la mer Baltique : c’est encore assez loin de nous, mais c’est ce qui va de pair avec un bon gros vent de nord de la Belgique à l’Allemagne. C’est cette arrivée d’air froid par le nord qui est responsable du passage nuageux prévu mercredi. Si on sera encore un peu à l’abri grâce au peu de hautes pressions qui nous restera, on n’est pas loin de voir passer de la pluie : Météo-France a décidé de ne pas afficher du tout de pluie, mais quelques faibles gouttes pourraient bien quand même tomber par endroit entre la Bretagne et la Franche-Comté, surtout plus à l’Est. À l’arrière, des averses vont descendre depuis les Pays-Bas et devrait se contenter de déborder sur quelques frontières du Nord-Est.

Jeudi, alors que la dépression Baltique va se combler en s’évacuant vers l’Est, une nouvelle dépression va se former sur l’Islande en glissant rapidement vers le continent. C’est là que la prévision devient assez variable.

De la pluie vendredi, vraiment ? Incertitudes pour la fin de semaine …

Tous les modèles s’accordent grosso modo sur le scénario d’une dépression Islandaise qui descend rapidement pour se positionner sur l’Europe. Le problème, c’est que les positions et par conséquent la structure de cette dépression varient encore trop pour prévoir clairement le temps. GFS, le modèle des États-Unis, opte pour une dépression qui vient se caler sur la Bretagne pour s’y affaiblir lentement sur place. ECWMF, le modèle européen, opte quant à lui pour une dépression plutôt centrée sur le nord de l’Allemagne. Dans la deuxième situation, la dépression aurait une interaction beaucoup plus forte avec celle qui serait déjà en place sur la Scandinavie et la Russie, favorisant le développement d’une dépression plus large et dynamique sur toute l’Europe centrale. Dans le 1er scénario, l’afflux d’air froid par le nord resterait donc assez mesuré, tandis qu’il serait plus puissant dans le 2ème.

Dans tous les cas, les prévisions de Météo-France pour vendredi semblent assez surprenantes. Quelque soit le scénario, il y aura de la pluie … mais sûrement très peu vendredi. Tous les timings actuels voient tout au plus des pluies se développer sur la Manche qui déborderaient légèrement sur les côtes normandes, et sur le Nord-Pas-de-Calais en soirée. Le corps principal des pluies apportées par cette dépression ne se formerait vraiment que vendredi soir … sur l’Angleterre. C’est samedi, en revanche, qui verrait le plus gros de la perturbation sur le nord-ouest, puis la moitié est. Autant la prévision annoncée samedi collait très bien avec ces modèles, autant la dernière prévision exagère l’étendue des pluies ; à moins que Météo-France ne suive un autre scénario sur la base de ses propres modèles à plus long terme ? En tout cas, même les dernières modélisations d’Arpege semblent voir les pluies de vendredi encore en formation loin sur l’Angleterre …

Dans un scénario où la dépression seraient plus à l’Est, la France serait quand même entièrement concernée par de fortes pluies, mais moindres que dans la modélisation de GFS présentée ci-dessus. Dans tous les cas, le temps prévu à partir de vendredi devra être suivi plus en détail. Dans le 1er scénario, on aurait non seulement des pluies diluviennes mais aussi un vent très fort, notamment sur le nord-ouest, avec une situation agitée par une dépression restant assez creuse sur la Bretagne et dynamisant un retour de front pluvieux par l’ouest. Dans le 2ème scénario, les pluies seraient moins importantes mais le système dépressionnaire très dynamique qui se mettrait en place de l’Allemagne à la Scandinavie rabattrait plus vigoureusement l’air froid vers l’Angleterre et la France.

Vers un temps plus pluvieux, plus froid et plus venteux ?

Et les premières tendances pour la suite ? Pour l’instant la plupart des modèles signalent assez souvent la fin des hautes pressions sur l’Europe … Autrement dit, on serait alors soumis au retour d’un défilé de dépressions bien plus dynamiques. Aussi, les modèles partent plutôt sur le maintien d’un fort anticyclone sur l’Atlantique Nord. Par conséquent, les dépressions qui nous arriveraient viendrait du Groenland, nous amenant alors un air encore plus frais … et beaucoup de pluie.

Modèle ECMWF - pressions pour mercredi 9 novembre.

Modèle ECMWF – Pressions pour mercredi 9 novembre. La vaste dépression centrée sur l’Irlande, probablement exagérée à cause de l’échéance lointaine, marque néanmoins une tendance assez propice à un flux globalement en provenance du nord-ouest.

Il reste néanmoins à savoir comment va concrètement s’organiser l’atmosphère à partir de vendredi : si une dépression vient se bloquer sur la Manche, ça va tout de même beaucoup impacter le temps sur la France. Mais même dans ce cas, GFS intègre des retours de flux de nord.

Modèle GFS - Theta'W à 850 hPa pour jeudi 10 novembre. Même dans le cas d'une dépression isolée sur la France, un flux de nord finirait par se mettre en place sur l'Europe occidentale.

Modèle GFS – Theta’W à 850 hPa pour jeudi 10 novembre. Même dans le cas d’une dépression isolée sur la France, un flux de nord finirait par se mettre en place sur l’Angleterre et le nord de la France.

Bref, si pour l’instant on vivait plutôt au rythme du maintien des hautes pressions et des caprices que l’automne provoque dans ces conditions, il se pourrait bien qu’on bascule d’ici une semaine dans un régime plutôt marqué par les offensives d’air froid au rythme des pluies qui se succèdent portées par un vent bien plus présent.

Si on a oublié un truc, si vous n’êtes pas d’accord, ou si vous avez la moindre question, on discute de tout ça en commentaires juste en-dessous 🙂 !!

Les images des modèles numériques sont fournies par Météociel et Météo-Blois.

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3 réflexions sur “Prévisions météo du 31 octobre au 6 novembre : des brumes aux pluies d’automne

  1. Mon avis un peu tardif pour compléter et mettre à jour cette prévision.

    On peut dire que cette semaine on a droit à une interaction complexe entre un vaste système dépressionnaire centré vers la Scandinavie et la masse d’air froide groenlandaise. Le jet arrive en effet à traverser le résidu de dorsale anticyclonique au nord de l’Ecosse. Une dépression pourrait bien se former en mer à l’ouest de l’Islande mercredi et descendre jusqu’en France à partir de samedi. Autant dire que la journée devrait être très peu agréable et fort pluvieuse.
    Un coup de vent sur les côtes nord bretonnes semble très probable et un temps instable devrait persister le dimanche.
    A partir de mercredi, de toutes façon les températures vont descendre : gelées matinales localisées de plus en plus fréquentes jeudi et vendredi un peu partout, plus généralisées dans l’est.

  2. Belle et longue analyse, mais ne pensez vous pas que 2 analyses/prévisions, plus courtes, par semaine vaudraient mieux que de longues spéculations sur 7 jours. On sait que les modèles de moyenne échéance que ce soit GFS (NOAA) ou IFS (ECMWF) ne sont plus guère fiables au-delà de 5 jours. A mon sens l’échéance acceptable la plus longue est celle pour laquelle ces 2 modèles convergent. Et ce n’était pas le cas le dimanche 6/11 pour les runs du dimanche 30/10.

    • Merci beaucoup 🙂 !
      Je suis bien d’accord pour dire que ces modèles ont une fiabilité souvent plus hasardeuse au-delà de cinq jours. En fait, j’irais même plus fort dans la critique de la fiabilité : dans des situations très dynamiques à petites échelles, c’est parfois très variable dès une échéance de 48h ! C’est un peu tout le jeu des prévisions météo : arriver à déterminer qu’est-ce qui est à peu près sûr et ce qui l’est moins. En pratique aucun météorologiste ne pourra assurer connaître à 100% le temps à venir sur la moindre petite parcelle d’air.
      Ces articles de prévisions ont été pensées justement pour essayer de briser quelques petits tabous qui circulent sur les prévisions météo. En publiant ces analyses, on espère faire mieux saisir que les prévisions sont toujours soumises à des variations et des incertitudes qui font parties intégrante du travail du prévisionniste, et qu’il est en fait assez exceptionnel que les météorologistes considèrent vraiment être certains du temps à venir. En intégrant les prévisions publiques au début, on espère aussi par conséquent montrer toute l’incertitude et tout le travail de décisions qui relèvent surtout de l’intuition du météorologiste. Autrement dit, on veut remettre les prévisions publiques dans leur contexte météorologique, et justement rappeler qu’elles sont rarement fixes et déterminées, comme les formats de prévisions le laisseraient souvent croire.
      C’est pour ça qu’on n’hésite pas à faire de la prévision à des échéances incertaines : les météorologistes voient ces modélisations et les intègrent. Plutôt que de les cacher et faire croire à une confiance totale du temps à venir, on veut justement les montrer pour mettre en lumière toutes les nuances du travail de prévision ; quitte à dire franchement que les modèles sont complètement perdus 😀 !

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