Le premier congrès météorologique mondial de Paris

La météorologie du XXème siècle est devenue plus que jamais une discipline forgée par l’universalisme et la mondialisation. Les guerres mondiales, l’intensification de l’aviation ou encore la mécanisation de l’agriculture conduisent la météorologie des années 50 tout droit vers une « science du globe », qui ne conçoit plus autrement son développement que par son expansion mondiale. Ce projet déjà marqué dès le XIXème siècle par l’Organisation Météorologique Internationale révèle toute son ampleur en 1951 avec sa transformation en agence spécialisée de l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation Météorologique Mondiale.

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Page de couverture du premier Bulletin de l’OMM, figurant les locaux provisoires de son secrétariat installé à Genève, à côté des anciens locaux de la Société Des Nations alors devenus le siège de l’Office européen des Nations Unies.

Extrait du 1er bulletin de l’OMM (p.2-3) :

Naissance d’une institution spécialisée des nations unies

Arrière-plan météorologique

Depuis longtemps on se rendait compte que les besoins nationaux en renseignements météorologiques et en prévisions offraient une opportunité idéale de collaboration technique internationale. L’atmosphère terrestre et ses changements ne respectent pas les frontières politiques et, si les pays désirent profiter des avantages et se protéger contre les inconvénients des phénomènes météorologiques, ils sont plus ou moins obligés de coopérer sur une base continue. L’Organisation Météorologique Internationale (OMI) prit, il y a presque quatre-vingts ans, l’initiative d’instituer une collaboration systématique de ce genre, qui continua jusqu’il y a un an, quand elle transmit ses fonctions à l’Organisation Météorologique Mondiale.

Bien que l’OMM soit l’une des plus jeunes institutions spécialisées des Nations Unies, elle a hérité des quelques quatre-vingts ans d’expérience acquise par sa devancière, l’OMI, dans le domaine de la coopération internationale en matière de météorologie et de ses applications aux activités humaines.

Cette coopération fut réalisée pour la première à une réunion tenue à Bruxelles en 1853, où un effort fut tenté de franchir les frontières météorologiques nationales et d’élaborer un programme en vue de concentration des observations météorologiques faites par les navires en mer. D’autres conférences eurent lieu, traitant de sujets météorologiques, au cours des vingt-cinq années suivantes et, en 1878, à une conférence à Utrecht (Pays-Bas), l’OMI fut établie. Elle était composée des directeurs des Services Météorologiques de pays et de territoires de toutes les parties du monde et, bien qu’ils n’aient bénéficié que d’un appui officieux de leurs gouvernements, ils s’attachèrent néanmoins à réaliser de larges programmes de perfectionnement et de normalisation des activités météorologiques.

Le développement rapide certaines activités humaines, telles que la navigation aérienne et maritime, a posé beaucoup de problèmes compliqués dans le domaine de la météorologie appliquée et il apparut qu’une réorganisation était nécessaire afin de mieux répondre aux nécessités du service.

L’importance que présente la météorologie pour la navigation aérienne et maritime, l’agriculture, le contrôle et l’utilisation des ressources hydrologiques, la santé publique, le développement des villes, etc. et, en même temps, l’importance du développement de l’enseignement scientifique, les industries techniques et le système des télécommunications pour la météorologie appliquée demandaient la collaboration la plus étroite possible entre l’OMI et les autres organisations internationales intéressées. Il était normal que l’OMI désire une coopération efficace et économique avec les Institutions spécialisées sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies et elle décida donc de céder la place à une organisation intergouvernementale de structure plus forte.À la Conférence des Directeurs de Washington, en septembre et octobre 1947, l’OMI élabora la Convention de l’Organisation Météorologique Mondiale en y faisant figurer des dispositions pour la continuation du caractère international qui dominait dans l’OMI.

Convention

La Convention de l’OMM est entrée en vigueur le 23 mars 1950, trente jours après le dépôt du trentième instrument de ratification ou d’adhésion auprès du gouvernement des États-Unis d’Amérique. Une année plus tard, les dispositions finales étaient prises en vue du transfert des fonctions, activités, avoirs et obligations de l’OMI à l’OMM à la dernière Conférence des Directeurs de l’OMI, ouverte le 15 mars 1951 à Paris, au premier Congrès de l’OMM qui débuta le 19 mars 1951, également à Paris.

Les organes constituants de l’Organisation ont été établis : Le Congrès, le Comité Exécutif, les Associations Régionales et les Commissions Techniques. Les buts de l’OMM, définis par la Convention, sont de faciliter la coopération mondiale en vue de l’établissement de réseaux de stations effectuant des observations météorologiques et d’encourager l’établissement et le maintien de centres météorologiques capables d’assurer les services de la météorologie, d’encourager l’échange rapide des renseignements météorologiques et la normalisation des observations météorologiques et de leur publication, d’encourager les applications de la météorologie aux activités humaines ainsi que les recherches et l’enseignement en météorologie.

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Photographie des participants au premier congrès de l’OMM à Paris, entre le 19 mars et le 23 avril 1951 – First Congress of the World Meteorological Organization, Final Report : Volume II, 1953, p.5

 * Mise à jour du 31 aout 2016 *

On cherchait l’endroit où a été prise cette photographie, et grâce à vos indices on a pu retrouver l’escalier exact sur lequel ont posé les délégués des directions météorologiques ! Il se situe au milieu du jardin des Tuileries, côté Seine :

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Le 1er congrès de l’Organisation Météorologique Mondiale se tenait dans l’Hôtel du Palais d’Orsay, juste de l’autre côté de la Seine. Si la gare d’Orsay était alors déjà fermée, l’hôtel n’a fermé ses portes qu’en 1972. Six ans plus tard, Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la République, lancait le réaménagement du bâtiment pour accueillir un musée dédié à l’art du XIXème siècle, l’actuel musée d’Orsay.

La source : Bulletin de l’OMM, Vol.1-n°1, Avril 1952 – disponible en ligne sur la Bibliothèque de l’OMM – photographie des participants : First Congress of the World Meteorological Organization, Final Report : Volume II, p.5, 1953 – disponible en ligne sur la Bibliothèque de l’OMM

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