[La Fabrique des Météores] La météo, l’aviation et les USA par l’Aérophile

Juillet 1947. Vous êtes en route pour l’aérodrome le plus proche, prêt à décoller pour votre cours habituel de pilotage, et pour supporter la chaleur de cette journée (dont vous voulez vraiment profiter avant que ça ne tourne à l’orage), vous ouvrez votre tout nouveau numéro de l’Aérophile :

lameteoausecoursdelaviation-aerophile-194707(cliquez sur l’image pour la voir en meilleure résolution)

« La météo au secours de l’aviation aux U.S.A.

C’est encore des Etats-Unis que nous parviennent des documents photographiques montrant à quel point dans le domaine de la Météorologie les Américains fournissent un effort constant. On a définitivement compris dans le Nouveau-Monde que la Météorologie était autre chose qu’un service auxiliaire dont il faut parcimonieusement mesurer les dépenses.

Dans la lutte incessante contre les éléments, qui demeurent aujourd’hui, quoiqu’on en dise, l’ennemi primordial de l’Aviation, seule une organisation puissante et scientfiquement conçue peut avoir quelque efficacité. Pour cela il faut du matériel moderne et des spécialistes parfaitement initiés à la tâche qui leur est confiée. Les douze photographiques que nous publions aujourd’hui révèlent un travail cohérent d’ensemble auquel tous les services susceptibles d’apporter les informations à l’organisation générale de la Météorologie, participent, sans esprit de corps. C’est ici la Marine américaine qui vole au secours de l’Aviation.
1) Un aérologue de la Marine observe le temps du sommet d’une station météorologique côtière. Les girouettes et les anémomètres indiquent la vitesse et la direction du vent.

2) Les prévisions météorologiques comprennent le tracé du parcours d’un ballon d’essai en liberté. Sur ces photo l’observateur de gauche lâche le ballon tandis que celui de droite suit la course au moyen d’un appareil spécial. Le tracé obtenu donnera la direction et la vitesse du vent.

3) La recherche des ouragans n’est pas sans danger, mais les pilotes américains connaissent par l’expérience les parages où ces ouragans commencent. Cette photo montre un chef de station météo indiquant aux aviateurs où ils peuvent s’attendre à trouver du mauvais temps.

4) L’emploi de la radio sonde est généralisée aux Etats-Unis. Cette photo montre un météo tenant cet appareil avant le lâcher. Un tout petit poste de radio y est fixé qui transmet les renseignements sur la température, la pression et l’humidité relative des couches supérieures de l’air. Une parachute attaché au ballon ramène l’appareil au sol.

5) Un officier météo donne les dernières instructions à un équipage qui va partir à la recherche de renseignements sur les orages. Une grande partie de ces informations proviennent des cartes établies chaque jour par le Bureau Météorologique des Etats-Unis. On le voit désignant ici les régions de basse pression barométrique qui doivent être soigneusement observées pendant la mission.

6) Un appareil de l’Army Air Force équipé d’un radar et transportant des météo compétents se lance à dessein en plein orage. Des renseignements obtenus quotidiennement par ces missions, pendant la saison des orages dans la région de la Floride, on déduira les effets des orages dans les couches supérieures de l’air.

7) Au cours du mois d’octobre 1946, une superforteresse B.29 accomplit pour les besoins de la Météo un véritable exploit en volant au-dessus d’un ouragan tropical. L’appareil rencontra des vents dont la vitesse dépassait 168 km. à l’heure en plein coeur de l’orage à une altitude de 9.000 mètres. Cette photo représente l’un des trois pilotes qui dirigeaient le vol de l’appareil à travers l’orage.

8) Un radio d’un avion d’observation envoie aux stations du sol les rapports établis par les Météos du bord. Ces vols à la recherche d’ouragans ont pour but de signaler aux bureaux météorologiques la direction et la vitesse des orages tropicaux, ce qui permet de sauver à la fois des vies humaines et du matériel.

9) Voici en effet les dégâts occasionnés par un ouragan qui a balayé les côtes de Floride. Remarquez au premier plan le bac complètement dépouillé de toute sa superstructure.

10) Cette photo représente le pont d’un porte-avion battu des vents et balayé par les vagues, avancant avec difficulté à l’encontre d’un typhon. Comme l’ouragan le typhon souffle en cercles à une vitesse extrême ; il est accompagné de pluies torrentielles.

11) Voici la première photo d’un ouragan tel qu’il apparaît dans le champ d’un appareil de radar porté par avion. Quand l’ouragan a été définitivement repéré au large de la côte est de la Floride le 12 septembre 1946, le B.29 dont il a été question ci-dessus est parti à la rencontre de l’orage, pour prendre ces photos qui ont permis une comparaison entre l’apparence visuelle de l’orage et celle enregistrée par le RADAR. Le centre calme de l’ouragan apparaît comme une boule noire, le centre du champ de l’appareil indique la position l’avion en vol et sert à déterminer la situation de l’orage par rapport à celle de l’avion.

12. Au coeur de l’orage. Photo prise de l’intérieur du B.29. »

La source : revue L’Aérophile – numéro de juillet 1947 – édité à Paris

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