Catastrophes naturelles : le bilan mondial sur 43 ans de désastres

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L’Organisation Météorologique Mondiale, le Centre pour la Recherche sur l’Épidémiologie des Désastres et l’Université Catholique de Louvain en Belgique publient conjointement aujourd’hui l’Atlas des pertes humaines et économiques dues aux épisodes extrêmes de la météo, du climat et des inondations, de 1970 à 2012. Ce rapport dresse une synthèse mondiale des catastrophes naturelles et des risques encourus par chaque région, et souligne la nécessité grandissante d’assurer un relevé continu et normalisé de ces données pour mieux prévenir les pertes subies.

Sur les 43 années étudiées, nous avons perdu 2,4 mille milliards de dollars ($2,4 trillions, soit environ 1,7 billion d’euros) et 1,94 million de personnes à cause de catastrophes naturelles. 8 835 désastres ont été répertoriés, dont 79% ont été causés par des tempêtes et inondations et constituent la grande majorité (86%) des pertes économiques.

Face aux aléas du temps, les régions sont très inégales. Un net clivage s’observe entre les pays développés et les pays en développement. Les premiers accusent les plus fortes pertes économiques, tandis que ce sont les seconds qui subissent les pertes humaines les plus élevées, et les extrêmes l’illustrent très bien. La catastrophe la plus coûteuse est l’ouragan Katrina qui a frappé les États-Unis en 2005 et auquel on attribue 146,89 milliards de dollars de dégâts, suivie loin derrière par un autre cyclone qui a touché les États-Unis, Sandy, en 2012, qui n’a coûté que 50 milliards de dollars. Deux catastrophes se partagent le lourd trophée des plus grandes pertes humaines : la sécheresse de 1983 en Éthiopie a fait 300 000 morts, tout comme le cyclone Bhola au Bangladesh en 1970.

En Europe, la France cumule des dégâts économiques et des pertes humaines élevés en raison de deux événements distincts : les tempêtes de 1999, et la canicule de 2003.

En Europe, la France cumule des dégâts économiques et des pertes humaines élevés en raison de deux événements distincts : les tempêtes de 1999, et la canicule de 2003.

À l’échelle globale, l’Asie détient le plus grand nombre de morts avec 915 389 victimes. Suit l’Afrique avec 698 380 morts, puis on chute à  72 210 pour l’Europe, 71 246 pour l’Amérique du Nord, l’Amérique Centrale et les Caraïbes, 54 995 pour l’Amérique du Sud et 54 684 pour le Sud-Ouest Pacifique.

En revanche, l’ensemble Amérique du Nord, Amérique Centrale et Caraïbes réunit 1 008,5 milliards de dollars de dégâts. Les catastrophes naturelles ont coûté 789,8 millions de dollars en Asie, 375,7 millions en Europe, 118,4 millions au Sud-Ouest Pacifique, 71,8 millions en Amérique du Sud et 26,6 millions de dollars en Afrique.

Alors que la population mondiale continue d’augmenter et que le développement économique produit davantage de richesses, la vulnérabilité de nos sociétés face aux intempéries ne cesse de croitre. Dès lors, le recueil de données sur l’impact des catastrophes naturelles devient précieux pour élaborer des systèmes de prévention opérationnels et adaptés. Le changement climatique qui s’annonce rend la réduction des risques liés aux événements météorologiques particulièrement complexe, dans la mesure où les normes que l’on observe aujourd’hui ne seront probablement pas celles de demain.

De surcroît, la collecte de telles données est difficile : il faut établir des normes pour pouvoir les intégrer et les comparer à l’échelle mondiale, qui se montrent complexe par la grande diversité des phénomènes, des territoires et de leurs interactions. Les auteurs du rapport en appellent notamment à une aide internationale pour maintenir et développer les systèmes de collecte de données dans les pays en développement : bien que l’enjeu soit très important dans ces pays où les pertes humaines sont maximales, ce sont ces régions qui éprouvent le plus de difficultés à assurer un suivi, et par conséquent, à se protéger.

Si les chiffres peuvent déjà faire trembler, le rapport estime que les dégâts y sont sous-estimé d’au moins 50%.

 

Source : WMO – Le rapport complet (en anglais) : The Atlas of Mortality and Economic Losses from Weather, Climate and Water Extremes 1970-2012

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