Les photographes professionnels avouent ne pas savoir quelle photo illustre quelle tempête

meteocult-tempete-photographie

Alors que la tempête Dirk fait aujourd’hui des ravages en touchant la Bretagne, les côtes de la Manche et le Royaume-Uni, les photographes professionnels font part de leur désarroi face à l’abondance des clichés sur les réseaux sociaux : aucun ne saurait dire s’il s’agit effectivement de photographies prises lors de cette tempête-là.

Une accumulation critique de clichés identiques et inintéressants

Ce matin, réunion de crise au sein du Syndicat National des Photographes de Nature, le SNPN : un pic de publications de photographies pour illustrer l’arrivée de la tempête Dirk sur le Nord-Ouest secoue une fois de plus le monde des médias. L’état des lieux souligne une situation préoccupante : des millions d’images seraient déjà en circulation sur les réseaux sociaux. Après avoir passé en revue un échantillon représentatif, le conseil a publié un compte-rendu qui pointe une « diversité extrêmement médiocre » et une « qualité souvent mauvaise » des clichés. « Les gens ne réfléchissent plus à ce qu’ils prennent en photo. Ils peuvent photographier, alors ils photographient et publient directement. » a expliqué Gérard Langnon, président du SNPN. D’après une première étude, les images les plus fréquentes seraient des photos floues d’arbres qui bougent, suivies de photos de branches cassées au sol, puis des poubelles tombées dans les rues de nuit. « Ce sont de sombres jours pour le photojournalisme, » affirme un volontaire stagiaire photographe intermittent d’un grand magazine. « On nous avait dit que les photos de portables et tout le reste ne nuirait pas aux professionnels ; aujourd’hui les gens s’exaltent devant n’importe quel cliché qui a un peu de profondeur de champ. Au boulot, on a revendu nos reflex, la direction nous expliquant que nos portables étaient suffisants.« 

Un secret qui mine le milieu professionnel depuis trop longtemps

Le pessimisme face à la qualité des photographies d’actualités est monnaie courante désormais. Toutefois, la réunion de ce matin a pris une tournure particulièrement pesante lorsqu’un membre du conseil, rongé par l’angoisse, a annoncé que le problème était bien plus grave que ce qu’ils ont l’habitude de dire. « Le phénomène se répand dans le milieu professionnel, parmi nous y compris » s’est exclamée avec lourdeur Aurélie Mesn, jeune membre du SNPN. À l’appui, la photographie du phare de Gatteville tweetée par France-Bleu Normandie. Après une analyse minutieuse et approfondie, le SNPN a confirmé que strictement aucun indice ne permet de différencier ce cliché d’une même photographie du phare par temps calme. La photo aurait très bien pu illustrer un article sur le patrimoine des phares français. C’est alors qu’une question a relevé un problème encore plus profond : « Comment savoir s’il s’agit bien du phare de Gatteville ?« . Aucun membre n’a pu apporter une réponse satisfaisante.

Le syndicat s’est emparé en urgence de la question des photos professionnelles de tempête. En comparant toutes les unes, le conseil a alors conclu formellement : « Ce sont toutes les mêmes. Des vagues, des arbres courbés ou arrachés : aucun moyen ne permet de différencier les photos professionnelles de tempête, et ce depuis plusieurs années déjà. Alors même que nous pensions y voir encore des espoirs de photojournalisme, le secteur est désormais voué à sa perte.« . Le SNPN a alors lancé un vote pour choisir quelle photographie pourrait valoir d’illustration universelle pour toutes les tempêtes à venir dans le monde, avant de prononcer la dissolution du syndicat.

– InfosMétéo ; photographie : pixabay

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s