Réchauffement climatique : le rôle de l’acidification des océans revu à la hausse

Une étude publiée ce 25 août dans la revue Nature Climate Change établit un nouveau lien entre l’acidification des océans et le réchauffement climatique.

L’équipe de Katharina Six, au sein de l’institut de météorologie Max Planck en Allemagne, a étudié la production de dimethylsulphide (DMS) par le phytoplancton océanique dans un contexte d’acidification des océans. Les résultats observés contre-disent une théorie proposée en 1980 par James Lovelock et ses collègues, qui suggérait alors une auto-régulation du climat planétaire grâce à une augmentation des DMS produits, suivant l’augmentation de la productivité du phytoplancton.

L’augmentation du CO2 atmosphérique (notamment générée par l’activité humaine) provoque – c’est bien connu – un réchauffement climatique, mais aussi une acidification des océans par la dissolution du dioxyde de carbone dans l’eau. L’hypothèse de James Lovelock se basait sur l’augmentation de la productivité du phytoplancton en réponse à une augmentation de la température. Ces microorganismes massivement présents dans les océans ont un impact majeur sur l’écosystème planétaire ; l’étude dont il est question ici s’attarde sur les composés sulfurés (DMS) qu’ils émettent dans l’atmosphère. Les DMS sont nécessaires à la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique, formant alors des nuages. Si une augmentation de la productivité du phytoplancton laissait présager une augmentation des DMS et par conséquent, une couverture nuageuse plus importante limitant le réchauffement de la planète, les observations réalisées récemment par l’équipe de chercheurs montrent au contraire une diminution des DMS produits par le phytoplancton.

Ces nouvelles données ont été intégrées à un modèle de simulation du climat. En considérant les effets combinés de l’acidification des océans et du réchauffement climatique, la recherche aboutit sur une diminution de 18% (+/- 3%) des émissions de DMS par rapport à l’ère pré-industrielle d’ici à 2100. Cette chute significative des DMS dans l’atmosphère pourrait alors provoquer une augmentation de la température entre 0,23 et 0,48 degrés supplémentaires, les modèles de prévisions climatiques n’incluant pas jusque-là les effets d’un tel mécanisme.

Toutefois, ces conclusions sont remises en question par plusieurs autres chercheurs. L’article de Nature cite notamment Steinke et Tom Bell, qui critiquent une extrapolation excessive des résultats : une augmentation notable de la température peut aussi augmenter significativement la production de DMS, et les observations réalisées dans des mésocosmes (lieux où des conditions naturelles sont reconstituées et contrôlées pour étudier l’évolution de plusieurs paramètres sur un écosystème) pendant plusieurs semaines ne peuvent être utilisées pour des modélisations mondiales du climat sur cent ans sans considérer un risque d’erreur important.

Sources : NatureNature Climate Change

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s